02/11/2010

L'énigme du Loch Ness

L'énigme du Loch Ness


Dans la région du Loch Ness, en Écosse, de très vieilles légendes rapportent l'existence de mystérieuses créatures tapies au fond du lac.
Aujourd’hui, on cherche, par tous les moyens, à photographier le fameux "monstre". Des fortunes sont promises à qui prouvera son existence. Une fascinante enquête scientifique.

Avec 35 km de long et près de 300 m de profondeur, le Loch Ness est le plus vaste plan d'eau douce de Grande-Bretagne. Loch en écossais, signifie "lac". Celui-ci est situé sur le Great Glen, une faille de l'écorce terrestre qui traverse le cœur de l'Ecosse. La région qui l'entoure est encore relativement peu explorée, tandis que, sous l'eau, la visibilité est très réduite à cause des particules de tourbe en suspension.

Pour rechercher quoi que ce soit sur une zone aussi grande et dans de telles conditions, il faut plus que de la volonté ou une bonne condition physique. Il faut le secours de la technologie la plus avancée.

L'attention des scientifiques est attirée vers les grandes profondeurs en 1850, mais pour des raisons télégraphiques... On pensait alors que la vie s'arrêtait au-dessous de 500 m de profondeur. Un câble télégraphique immergé à 1830 m venait d'être remonté, rongé par des coquillages vivants !

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Un couple de dragons du Komodo. Des créatures si étranges que, pendant des décennies, les scientifiques ont refusé de croire à leur existence. Il pourrait y avoir d'autres survivants de la préhistoire à travers le monde.

Les premiers relevés bathymétriques des lacs d'Ecosse ne commencent qu'à la fin du XIXe siècle. On s'étonne en découvrant leur profondeur - qui dépasse celle des côtes voisines - et le volume de leurs eaux. Ces lacs ont été creusés en même temps que les loughs irlandais et que les fjords scandinaves, à la fin de la dernière période glacière, il y a 10 000 ans. Immédiatement après la fonte des glaces, le niveau de la mer s'était élevé et celle-ci les avait envahis. Puis, libéré du poids des glaces, le sol s'est soulevé, entraînan notamment le Loch Ness à 16 km au-dessus du niveau de la mer.

Depuis toujours, les légendes des peuples du Nord son émaillées de monstres marins. Beaucoup font référence à une créature au long cou et au dos bombé. C'est probablement en leur honneur que les Vikings ornaient de "dragons de mer" la proue de leur drakkars. En Scandinavie, autour du lac Storsjö, on peut encore voir le matériel mis en place au XIXe siècle pour capturer un monstre local. en Irlande, on parle beaucoup des kelpies ("chevaux de mer") dans la région des loughs du Connemara.

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Une tête de proue qui ornait un drakkar viking. Les monstres marins ont toujours fait partie de l'imaginaire nordique.

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Un "saurien marin géant" (gravure parue dans un ouvrage zoologique du XIXe siècle).

Curieusement, alors que le premier rapport qui relate une apparition sur la rivière Ness date de 565 de notre ère, on ne s'est intéressé que très récemment au "monstre" du Loch Ness. Dans ce premier rapport, c'est un saint qui met le monstre en fuite. Par la suite, les témoignages sur le monstre restent liés à des aristocrates qui viennent chasser dans les Highlands entendent parler des fabuleuses créatures des lochs. Certains en aperçoivent même, au lever du jour, et leur trouvent une "tête de cheval".

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Le kelpie, un esprit malin qui rôde dans les eaux des lochs écossais en attendant ses victimes...

Dans le même temps, les marins qui hantent ces côtes sauvages rapportent l'existence de "monstres marins" identiques à ceux des lochs. On interdisait alors aux enfants de se baigner dans le Loch Ness, par crainte du kelpies.

En 1933, une route touristique est construite sur la rive nord du lac, tandis que les arbres sont abattus par améliorer la vue sur les eaux sombres. Aussitôt, les touristes se mettent à affluer dans la région et nombre de ceux qui ont "vu" le monstre grimpe en flèche. Le premier grand article sur le sujet paraît le 14 avril 1933, dans l'Invernes Courirer. Rapidement, la "bête du Loch Ness" devient un sujet de curiosité journalistique, qui fait les choux gras de la presse à sensation du monde entier.

A l'époque, le sonar et le scaphandre autonome n'existent pas encore. Les biologistes se contentent d'études sur les petits animaux et les algues microscopiques du lac. Mais, déjà, on cherche par tous les moyens à s'assurer de l'existence - ou de l'absence - d'animal fabuleux dans ces eaux tourbeuses. On filme inlassablement la moindre risée. On photographie le moindre tronc d'arbre. Les archives se remplissent de témoignages plus ou moins intéressants, tandis qu'une foule de curieux guette avec avidité la moindre manifestation inhabituelle à la surface du Loch Ness.

L'autosuggestion explique beaucoup de "preuves". La nature du lac lui-même ne favorise pas les chercheurs : cette énorme masse d'eau est souvent très calme, avec une surface en mer d'huile, tandis que les rives escarpées projettent leur ombre inquiétante sur les rives. Les illusions d'optique abondent, et un oiseau, une branche ou le sillage d'un bateau peuvent produire des effets étonnants.

Malgré tout, au Loch Ness Investigation Bureau, des milliers de témoignages oculaires troublants ont été enregistrés. Beaucoup sont extraordinairement détaillés : la créature aperçue aurait un long cou, parfois dressé, des bosses sur le dos, et elle se déplacerait assez rapidement.

Le premier chroniqueur des apparitions du monstre du Loch Ness a été le commandant Rupert Gould. Dans son ouvrage, Le Monstre du Loch Ness, publié en 1934, il avance l'hypothèse selon laquelle il s'agirait d'un spécimen isolé, pris au piège dans les eaux du lac. par la suite, de nombreux auteurs le contrediront : une quantité de témoignages affirment avoir repéré plusieurs monstres en même temps, ce qui suggérerait que le lac abrite plusieurs "monstres".

A côté de ces témoignages oculaires, toujours fragiles, les scientifiques disposent d'un petit nombre de faits inexpliqués, notamment des échos recueillis par sonar. Ils ont, en outre, remarqué que les apparitions étaient plus fréquentes l'été, en particulier à l'embouchure des rivières qui se déversent dans le lac.

Reste le problème des photographies, vraies ou fausses, du monstre. Elles sont le plus souvent fausses. Il est très facile de faire des photomontages de silhouettes monstrueuses sur fond clair. De plus, même quand ils ne sont pas faux, beaucoup de clichés sont de mauvaise qualité, pris précipitamment ou avec des objectifs médiocres.
Au milieu des productions de faussaires de tout poil, on trouve pourtant des clichés impressionnants. Paradoxalement, on pourrait dire que les bonnes photos du monstre sont fausses, tandis que les mauvaises ont des chances d'être vraies. Parmi celles-ci, très peu finissent par intéresser le Loch Ness Investigation Bureau.

Les films de cinéma sont beaucoup plus difficiles à truquer et sont d’avantages pris en compte. Deux d'entre eux sortent vraiment de l'ordinaire.

Le premier a été tourné par Tim Dindsdale, le 23 avril 1960, à l’embouchure de la rivière Foyers : on y voit une bosse se mouvoir lentement au loin, puis traverser le champ de la caméra avant de plonger. L'analyse du film a conclu que l'objet filmé était "probablement en mouvement" et qu'il mesurait environ 1.70 m de largeur. Sa vitesse estimée était de 16 km à l'heure.

Le second film a été tourné par Richard Raynor, le 13 juin 1967, à l'extrémité nord du lac. Il montre un sillage, à la tête duquel on aperçoit parfois un objet solide, déclaré lui aussi animé. Richard Raynor a expliqué que l'animal filmé évoquait pour lui une espèce d'otarie. Comme la longueur estimée de la partie qui émergeait a été évaluée à près de 2 m, on peut rêver sur la taille de l'otarie en question.

Ce n'est qu'à partir de 1970 que les chercheurs ont pu disposer de photographies sous-marines. Ce qui n'est pas forcément un avantage dans les eaux boueuses du lac. Les photographies les plus intéressantes ont été obtenues à l'aide d'un appareil à déclenchement électronique équipé d'un flash stroboscopique : elles montrent une sorte de nageoire ... qui ne ressemble à aucune sorte de nageoire connue.

Six autres clichés, pris par le docteur Robert Rines en 1975, montrent autre chose que la coque du bateau à laquelle était accroché l'appareil. Une chose qui n'a pas fini d'alimenter les discussions entre les partisans du monstre et les sceptiques.



Une carte de la région du Loch Ness, avec quelques lieux d'apparition du "monstre". Celui-ci se manifeste fréquemment à l'embouchure des rivières.

Un phénomène poltergeist bien étrange

Un phénomène poltergeist bien étrange

Nous sommes en 1967, dans un cabinet d’avocat bavarois.
Dans ce cabinet d’avocat, quelque chose d’étrange se passait avec les quatre postes téléphoniques. En effet, ils leurs arrivés de se mettre à sonner en même temps alors qu’il n’y a personne au bout du fil. Parfois, la conversation était interrompue par des bruits bizarres ou alors brusquement coupée.
Suite à tout cela, Me Adam appelle la société Siemens qui lui a installé les lignes, une boîte de raccordement et les quatre postes.
Après plusieurs semaines de test, aucune anomalie n’est décelée, mais les perturbations n’ont pas cessé pour autant. Ils s’adressent donc au service officiel des télécommunications. Le matériel sera remplacé et on ajoutera un instrument de mesure, un compteur de communication. Adam demanda alors à ses employés, le chef de bureau Johannes Engelhand, deux secrétaires et une autre personne qui travaille à mi-temps de tenir un registre de leurs appels.
Avec l’aide de ces appareils, on observera certains phénomènes :

Entre le 5 et le 19 octobre 1967, on enregistre des communications que personne n’a pu passer dans le bureau.

A partir du 19 octobre, c’est par douzaine que les appels sont enregistrés et ils concernent pour la plupart l’horloge parlante.
Les appels sont tellement rapprochés qu’il est physiquement impossible d’obtenir autant de fois le même numéro en si peu de temps.
Par exemple, le 20 octobre, 46 appels à l’horloge parlante ont été passé entre 7H42 et 7H57 du matin.

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Le bureau d'Annemarie Schneider, chez l'avocat Adam. Une perturtion téléphonique sans précédent.

Puis, les phénomènes s’étendent, ne s’arrêtant pas seulement aux mystérieux appels téléphoniques.

Le 20 octobre : un grand bruit sourd se fait entendre au même moment la lumière s’éteint.
Un électricien est appelé d’urgence, mais tout est en très bon état, il constate juste que les tubes fluorescents se sont retournés sur eux-mêmes dans leur logement et donc déconnectés.
L’électricien change tout le matériel, mais à peine le travail terminé, le même bruit sourd se fait entendre accompagné des perturbations identiques, on remarque que les fusibles ont été expulsés de leurs emplacements sans aucune intervention physique.
Un spécialiste de la compagnie officielle de distribution du courant arrive sur les lieux, M. Paul Brunner. Il mène une enquête mais ne remarque rien d’anormal, il change cependant quelques appareils dans le bureau mais aussi dans l’immeuble.
Il installera plusieurs appareils :
- Un Unireg : qui permet de mesurer les différences de voltage et de les visualiser sur papier.
- Un compteur Tektronix : pour étudier parallèlement les variations de champs magnétiques et de niveau sonore.

Tous ces instruments sont scellés, pour éviter toute intervention humaine.

Malgré cela, des phénomènes inexpliqués se produisent pendant les heures de bureau mais jamais durant les week-end et les vacances.

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L'avocat Adam se met à inspecter une des lampes qui se sont balancées frénétiquement le 27 novembre 1967

Le 20 décembre : Dans le bureau de l’avocat, un tube fluorescent se détache et se brise au sol, les autres grillent alors que les appareils s’affolent.
Deux jours plus tard, on observe que la photocopieuse fonctionne sans être branchées.

Après un nouveau branchement testé … les lampes explosent, en blessant une employée. Puis, elles se mettent à se balancer au plafond comme pour provoquer les spécialistes, les fusibles s’éjectent de leurs logements et les instruments de mesures s’affolent de plus belle.

Le 11 décembre, 8H45 : Alors que Me Adam discute dans la salle de dactylos avec son assistant Mayr, un tableau accroché au mur se met à tourner sur lui-même, Brunner qui venait d’entrer dans la pièce essaya de la retenir mais en vain. Plusieurs tableaux fit de même et certains tombèrent violemment au sol…

Adam et Brunner avaient noté, ce matin-là, une tension particulière chez les deux secrétaires, Gustel Huber et surtout chez Annemarie Schneider. Elles quittent précipitamment la salle en poussant des cris. Les hommes observent, impuissants, le phénomène.

Brunner décide d’écrire un rapport officiel en reconnaissant qu’il est incapable d’expliquer ces phénomènes. Dans son rapport, il indiqua « qu’il faut bien postuler la présence d’une force inconnue de notre science et de notre technologie. Un pouvoir dont ni la nature, ni la force, ni la direction qu’il peut prendre ne peuvent être définies. Un pouvoir au-delà de notre compréhension… ».

Les docteurs Kanger de l’institut Max Plark de physique des plasmas, et, Zicha, de l’université de Munich sont demandés en consultation, il s’agit des deux plus éminents physiciens allemands des années 60.

Voici leurs conclusions :

- Les phénomènes électriques et électroniques étranges ne sont accompagnés d’aucune différence dans les voltages et n’en résultent pas ;
- Les anomalies n’ont pas pour cause d’éventuelles variations dans les fréquences du voltage en provenance de l’extérieur ;
- Les appareils de contrôle et de mesure fonctionnent normalement en eux-mêmes ; ils ont été changés à plusieurs reprises pour effectuer ce test ;
- Aucun champ magnétique n’a été détecté ;
- Pas de vibration infra ou ultrasonique ;
- Toute intervention humaine ou fraude est à éliminer …

Les deux physiciens remarquent que les phénomènes montrent une certaine forme d’intelligence, de part les choix des manifestations.

Plusieurs universités mandent des enquêteurs, dont celle de Fribourg-en-Brisgau, où le professeur Hans Bender s’occupe d’un département de parapsychologie, qui travaille en particulier sur les hantises.

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Hans Bender et un de ses collègues inspectent les installations électriques des bureaux de l'avocat Adam. Les tubes au néon se détachent d'eux-mêmes !

Celui-ci soutient la thèse anglo-saxonne selon laquelle certaines personnalités perturbées, adolescents ou adultes dont la puberté a souvent été retardée, psychopathes légers, introvertis maladifs sont susceptibles de libérer eux-mêmes ou de catalyser une force inconnue qui devient responsable des phénomènes.

Très vite, l’attention de ces « nouveaux exorcistes », comme ils ont été appelés dans une certaine presse de l’époque, vers Annemarie Schneider. Elle est la plus tendue de tous, et un assistant du professeur a vu des lampes se balancer sur son passage dans un des couloirs. Et les phénomènes ne se déroulent qu’aux heures de bureau, plus particulièrement vers 7H30, à son arrivée. On notera aussi que lors de ses absences pour des petits congés, il ne se passe rien.
Du 13 au 18 décembre, elle prend congé et les chercheurs en profitent pour effectuer des tests… Pendant ces 5 jours, il ne se passe rien.
A son retour, tout reprend.
A chaque manifestation, Annemarie tombe dans une mauvaise crise de nerfs.

Il a été constaté qu’à chaque manifestation d’un phénomène poltergeist, la personne qui en est responsable et cela sans en être consciente éprouve en retour un choc nerveux pouvant conduire jusqu’à la démence.

La police aussi la soupçonne et l’officier Wendl pense qu’il finira par prendre la jeune fille en flagrant délit, mais il va vite admettre que physiquement, elle n’est responsable de rien.

Un après-midi, alors que Annemarie et Gustel Huber, la seconde secrétaire, discutent, un énorme meuble de chêne massif se déplace sur 30 centimètres… cette armoire pèse prés de 200 kilos …

Annemarie est aussi victime de la force qu’elle déchaîne, le 17 janvier, la jeune fille reçoit un violent choc électrique entre les jambes, ensuite, dans la même journée elle sera littéralement poursuivie par la chaise qu’elle vient de quitter, un policier en sera témoin.

Me Adam décide de la renvoyer, conseillé par Bender resta en contact avec Annemarie Schneider, et ils effectuèrent des tests psychokinésique, mais les tests se révélèrent négatif.
En effet, elle ne semblait pas consciente des phénomènes spectaculaires qu’elle a pu causer.

D’après l’équipe du professeur Bender, elle n’était pas capable de produire ces phénomènes que sous un fort état de stress et de frustration.

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Annemarie Schneider, objet du phénomène de hantise de Rosenheim, photographiée avec son fils au cours de l'ensuête menée par la B.B.C. en 1975.

L’effet poltergeist est incontrôlable même par celui qui le produit …

Sexe et Poltergeists

Sexe et Poltergeists

L'étude de plus en plus rigoureuse des phénomènes de poltergeists, également appelés "esprits frappeurs" ou bien, en langage plus moderne, cas de "psychokinésie spontanée récurrente" (PKSR), a permis de les relier à un certain type de tension sexuelle.


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La guérison d'un possédé, dans une Bible française du XIIe siècle

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Un exorcisme campagnard (tableau de Brueghel le Jeune)

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A la fin du Moyen-Age, on considérait les poltergeists comme des manifestations physiques du démon, qu'il fallait "guérir" par tous les moyens, y compris l'eau bouillante... (bois gravé d'un livre de 1515)

On l'a vu, dans de nombreux cas de PKSR, il y a, non loin du lieu où se manifeste ce phénomène, un ou plusieurs enfants en âge pubertaire. Ce lien entre expériences paranormales et adolescents n'est d'ailleurs pas nouveau : il daterait de l'étude du cas des sœurs Fox, aux Etats-Unis, en 1840. L'explication la plus couramment avancée est alors que des jeunes filles, parvenues à l'âge de la maturité sexuelle, peuvent emmagasiner des réserves d'énergie suffisantes pour faire tourner des tables, produire des sons étranges ou provoquer des jets de pierres.

Dans l'affaire d'Enfield, en Grande-Bretagne, qui est la mieux étudiée des histoires récentes de PKSR, on trouve ainsi une fillette de douze ans. Les manifestations paranormales ont, dans ce cas comme dans la plupart des autres, cassé dès le passage définitif de la fillette hors du monde de l'enfance.

Pourtant, la puberté n'est pas toujours responsable de ces phénomènes. On a également observé, notamment dans l'affaire d'Enfield, l'attachement amoureux des adolescents à des héros du cinéma ou de la chanson. La concentration d'émotions sur des "images" pourrait ainsi déclencher des phénomènes inexpliqués.

Un cas extrême d'attachement à une image est souvent cité : Eleonora Zugun, une petite Roumaine de traize ans, pouvait faire apparaître des traces de morsures ou de griffures sur son corps quand elle avait le sentiment que son "démon" personnel était agressé. Bien entendu, ce démon concentrait toutes ses émotions et représentait l'ensemble de sa personnalité.

Les adolescentes ne sont que très rarement les seules causes de ces phénomènes. dans le cas des soeurs Forx, on a noté l'existence d'un frère handicapé mental. Dans plusieurs autres cas, ce type de handicap a pu être relié à des manifestations paranormales. Ce qui pose le problème des garçons : longtemps mis hors de cause, il apparaît aujourd'hui qu'ils peuvent jouer dans ces manifestations un rôle comparable à celui des jeunes filles.

Pour certains chercheurs, il faut même dépasser cette association entre puberté et PKSR, il existe des cas liés à des enfants de sept ans, voire de quatre ou cinq ans. Certains de ces enfants posséderaient même des pouvoirs comparables à ceux de Uri Geller. De même, certains adultes peuvent provoquer de spéctaculaires PKSR.

On sait que certains médiums reconnaissent tirer des séances auxquelles ils participent une sorte de satisfaction quasi sexuelle. On peut donc imaginer que des phénomènes de frustrations ou de misère sexuelles peuvent contribuer au déclenchement de forces mystérieuses. Un des cas les plus spectaculaires est arrivé en 1967, dans un cabinet juridique allemand, en Bavière. (voir dossier "Un phénomène poltergeist bien étrange")

La sexualité ne peut pourtant pas expliquer tous les cas de PKSR. Certaines migraines tenaces et chroniques ont pu provoquer de remarquables poltergeists. Quelques maladies mentales également. N'est-il pas curieux, en outre, que, dans de nombreux cas de PKSR, les enfants alors mis en cause ne partageaient pas la même religion que leurs parents ?

Autre découverte stupéfiante : 86 % des manifestations de PKSR ont eu lieu après le déménagement des familles dans une H.L.M. ! On peut alors penser que ce déplacement a été considéré comme gênant par l'enfant, perturbé également par la nécessité de changer d'école et d'amis, ou par la perspective de voir ses parents prendre un nouvel emploi. La tension générale de la famille, ajoutée à celle de l'enfant, peut provoquer des bruits et des phénomènes anormaux, qui contraignent souvent les victimes à se reloger... ailleurs !

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Un poltergeist vient de projeter ce réveil sur l'édredon du lit d'Alan Rhodes, un jeune garçon âgé de douze ans.
Pour éviter toute tricherie, l'enfant avait les mains liées sous ses draps...


En définitive, il est plutôt hasardeux de vouloir absolument donner une cause précise aux cas de PKSR ou de vouloir les classer dans un ordre définitif. en outre, les chercheurs sont généralement plus préoccupés par les manifestations elles-mêmes que par ceux qui les visent : ils délaissent ainsi de fructueuses pistes d'étude.

Mais, selon certains, il vaut mieux chercher à soigner les victimes de poltergeists, même si on ne comprend pas très bien ce qui leur arrive. depuis longtemps, les religions s'y emploient, persuadées d'avoir affaire à des cas de possession par le démon.

Ce dont la plupart des victimes ont besoin, c'est d'une aide ou d'un réconfort moral. Souvent, les témoins de PKSR ou les habitants de maison atteintes par ces manifestations ont peur de devenir fous. Ils ne comrpennent pas. Ils sont, de plus, troublés par l'incompréhension générale et le doute jeté sur ce qui leur arrive...

Les différentes religions chrétiennes délèguent alors, parfois à l'appel d'un médecin ou des autorités, un exorciste. Les formes d'intervention de cet homme d'Eglise sont très diverses : elles vont de la messe à la simple bénédiction, en passant par la prise en charge morale des évènements et la tentative de convaincre la victime que ces phénomènes inexpliqués ne sont pas l'œuvre d'un quelconque démon.

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Donald Page, célèbre médium anglais, pratique un exorcisme sur une de ses patientes.
L'énergie qu'il dépense alors est considérable.


L'exorcisme "complet" ne se pratique qu'après un examen attentif du cas de PKSR et des circonstances qui l'accompagnent habituellement. Cet exorcisme est la dernière arme. Il nécessite un rapport médical établi par le médecin de famille, un certificat du prêtre du lieu (il n'y a guère plus qu'un exorciste officiel pour un diocèse, souvent même pour quatre ou cinq !) et un entretien avec une assistante sociale de la localité.

Pour certaines autorités religieuses, cet exorcisme ne pourrait se faire qu'en présence d'un médecin ou d'un expert médical et avec l'accord complet de la victime.

Le poltergeist d'Enfeild

Le poltergeist d'Enfeild

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En France, il ne se passe pas de semaines sans que les gendarmes ne soient alertés par une famille victime de mystérieux "esprits frappeurs".
Des milliers de rapports, tous plus inexpliqués les uns que les autres, existent. Quelle est cette force mystérieuse qui lance les objets les plus lourds à travers l'espace ? Faut-il exorciser les victimes de ces esprits frappeurs ? Une enquête aux frontières du mental et du physique.


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Une séance de poltergeist, dans une maison d'Enfield, en septembre 1978. Janet, une fillette de douze ans, était probablement à l'origine de ces phénomènes troublants.

Des bruits mystérieux, des craquement sinistres, des odeurs infectes, des meubles qui s'envolent, des courants d'air glacés, des bruits de voix inexplicables, des jets de pierres, des lévitations involontaires, des installations électriques qui tombent en panne, des objets qui disparaissent : les "esprits frappeurs" ont une imagination féconde quand ils veulent manifester leur présence.

On appelle poltergeist ces phénomènes anormaux. Le mot est très ancien : il vient du folklore allemand et dérive de polter ("bruit") et geist ("esprit"). Avec un peu de rigueur, les chercheurs en parapsychologie ont proposé de définir toutes ces manifestations d'esprits frappeurs par le concept de psychokinésie spontanée récurrente, ou PKSR.

Les premières relations de poltergeists viennent d'Allemagne : peu avant l'an 1000, des chutes de pierres, des coups et des grands bruits ont troublé la tranquilité de Bingen, une petite ville des bords du Rhin. A partir du XIIe siècle, sous l'influence de l'Eglise, on classe les poltergeists dans la catégorie des phénomènes d'originie diabolique.

En 1184, au pays de Galles, le domicile d'un certain William Nott est ravagé par une force mystérieuse qui lacère les tentures et répand des ordures. Au XIIIe siècle, Gerald of Walles note l'existence d'un "esprit" qui apostrophe les gens. En 1599, Martin del Rio tente de classer tous les incidents connus : il compte dix-huit sortes de démons, chacune se spécialisant dans le déclenchement d'un trouble particulier.

D'après lui : "La seizième sorte de démons se compose de spectres qui, à certains moments et en certains lieux, notamment dans des maisons, sont susceptibles de créer des bruits et des troubles divers. Je ne donnerai pas d'exemples ici, ce phénomène étant parfaitement connu. Certains réveillent le dormeur en cognant sur le matelas et en faisant tomber ledit dormeur du lit."

L'étude scientifique des cas de poltergeists commence. On se demande alors si certains épisodes de la Bible ne revèleraient pas de classe d'incidents. Simultanément, la PKSR joue un rôle notable dans l'histoire du méthodisme, une doctrine affiliée au protestantisme anglo-saxon.

Pendant deux mois, en décembre 1716 et en janvier 1717, le presbytère d'Epworth (où habite le jeune John Wesley qui fondera l'église méthodiste), est le théâtre de coups violents frappés par un esprit. Pourtant, à cette époque, John est absent du presbytère.
Son père est plusieurs fois repoussé par une force mystérieuse qui bloque son chemin. Il lui arrive même d'être soulevé de son lit. En fait, l'affaire semble due à l'influence de la soeur de John, Hetty, alors âgée de dix-neuf ans.

Plus tard, tout au long du XIXe siècle, des esprits frappeurs viendront, en rand nombre répondent aux sollicitations de spirites. Ceux-ci faisaient trop bien tournoyer les tables et les pianos pour que leurs expériences soient aujourd'hui crédibles. D.D. Home, le célèbre médium spécialisé dans les lévitations spectaculaires, débuta sa carrière par un commerce soutenu avec ces epsrits.

Petit à petit, pourtant, on allait délaisser l'explication des cas de PKSR par l'influence de "certains éléments" pour se tourner alors vers des hypothèses beaucoup plus "naturelles". Dans les années quarante, on comme à expérimenter la psychokinésie, ou PK, au laboratoire de parapsychologie de l'université de Duke, aux Etats-Unis. En Angleterre, les recherches sur les phénomènes de PKSR sont menées par la Société pour la recherche psychique.

Sir William Barrett est un des animateurs de cette recherche. Il étudie suffisamment de cas pour que les phénomènes de poltergeist soient reconnus comme indubitables. Ce qui ne donnait pas, pour autant, d'explications. En Allemagne fédérale et aux Etats-Unis, les recherches sont beaucoup plus récente. Elles sont aussi plus rigoureuses et plus systématiques : le recoupement de leurs résultats aidera d'ailleurs à se faire une idée plus précise du phénomène.

En France, enfin, quelques cas célèbres ont longtemps défrayé la chronique, notamment celui du fameux curé d'Ars, régulièrement poursuivi par des esprits frappeurs, incendiaires ou destructeurs. Quand ils n'étaient pas tentateurs... La plupart des données contemporaines sont centralisées par la Gendarmerie nationale, qui les étudie attentivement et qui leur a consacré un petit bureau d'études.

Le cas de poltergeists le plus spectaculaire est très récent : il s'est manifesté d'août 1977 à septembre 1978, à Enfield, dans la banlieue nord de Londres. Plus de mille cinq cents incidents de nature PKSR ont été enregistrés, en présence de nombreux spécialistes venus étudier le problème. On a vu, parmi eux, des assistantes sociales, des thérapeutes du langage, des photographes, des psychologues, des prêtres et, bien entendu, des journalistes.

Au début, les phénomènes n'ont pas été très gênants : un léger bruit de pas dans une chambre. Ensuite le poltergeist s'est manifesté par des bruits plus marqués. Une voix profonde, rude et presque méchante, a pu être enregistrée à plusieurs reprises sur un magnétophone. Cette voix devait faire l'objet de nombreuses tentatives d'identification.

"Elle" a d'abord déclaré appartenir à un homme de soixante-douze ans, qui aurait habité dans une rue voisine. Un auditeur l'aurait identifiée comme étant celle d'un de ses oncles, un vieil original surnommé "le gitan". Mais aucune piste ne devait aboutir à la moindre preuve...

D'autres fois, l'esprit faisait voler un jouet sur la tête d'un photographe. On a vu de spapiers et des vêtements s'enflammer spontanément, des boîtes d'allumettes prendre feu à l'intérieur d'un tiroir, des couteaux et des théières se tordre devant des témoins ou des pierres éclater sur le sol.

Particulièrement vigoureuse, cette force inconnue devait également soulever la cuisinière à gaz ou projeter, hors de la maison, des meuble aussi lourds qu'un sofa, une commode ou un lit à deux places !

Au milieu de tous ces phénomènes : Janet, une fillette de douze ans. Elle fut plusieurs fois sujette à des phénomènes de lévitation involontaire, certifiés par des témoins. Avec sa soeur, elle devait être si souvent jetée hors de son lit par l'esprit qu'elle avait décidé, à la fin, de dormir par terre.

Le phénomènedevait finalement cesser, les parents finissant par s'amuser de ce poltergeist plutôt inoffensif et le traitant avec un humour et un calme délicieusement britanniques.

Généralement, un effet de poltergeist se fait annoncer par une série de coups mystérieux. Les exemples abondent et il est inutile de les détailler. Il peut arriver, pourtant, que des poltergeists débutent par des déplacements d'objets ou par d'autres manifestations insolites.

On cite souvent le cas d'une famille allemande de Neudorf, dans l'Etat de Bade, qui a vu une série de clous apparaître au plafond et tomber un à un. Ces clous se trouvaient, l'instant d'avant, dans une armoire fermée à clé. Cette même famille a pu apercevoir - le fait est certifié par le maire de Neudorf - des cintres qui prenaient leur vol à angle droit ou des objets qui sortaient des murs en étant chauds.

Cette chaleur est rapportée, en France, dnas la plupart des cas de PKSR, par les témoins qui ont ramassé des pierres mystérieuseent jetées...

Les voix non identifiables sont un des aspects les plus spectaculaires de ces poltergeists. Selon Gilles de Tourette, un médecin français du XIXe siècle, les epsrits frappeurs manifesteraient souvent des symptômes de traumatismes apparentés à la copropraxie (penchant à la scatologie) et à l'écholalie (la répétition absurde de discours entendus). Souvent, on a pu observer que les jeunes gens "possédés" par un esprit poussaient des cris obscènes et répétaient des phrases incohérentes. De tels symptômes se retrouvent chez les enfants traumatisés pour de tout autres raisons, par exemple le divorce de leurs parents.

La combustion spontanée est très souvent associée à une activité de PKSR : il existe de nombreux témoignages d'incendies déclenchés en l'absence de toute tentative volontaire directe.

Hormis les classiques jets de pierres, il existe enfin toute une série de manifestations de poltergeists absoluement étonnantes. En 1962, à Indianapolis, aux Etats-Unis, une famille est victime d'un esprit très calme, qui ne déplace rien. Il se contente de... mordre ! Surtout la grand-mère ! Il la pique également à de nombreuses reprises. Une enquête rigoureuse menée sur place a, bien entendu, trouvé la traditionnelle jeune fille en crise pubertaine. Toutefois, aucune supercherie n'a pu être établie pour les morsures.

En février 1958, la famille Hermann, de Seaford, aux Etats-Unis, est victime d'un esprit... déboucheur. Il renverse bien, de temps à autre, tous les bibelots de la maison, mais sa préférence va à tous les récipients en forme de bouteille, qu'il s'agisse d'eau minérale, de médicaments ou d'eau bénite, inefficace contre cette magie !

Les policiers et les parapsychologues appelées en renfort ne peuvent que constater l'ampleur des dégâts. Au centre de toute l'affaire, il y a, comme toujours, un jeun enfant : James, douze ans, qui ne s'aperçoit de rien quand les bouchons s'envolent. Une étude minutieuse des objets déplacés permet d'établir que l'intensité de la PKSR est directement proportionnelle à la proximité de James. Les lois "naturelles" de l'énergie sont donc respectées : plus on s'éloigne de la source d'énergie et plus elle devient faible...

Il est très rare que des phénomènes de poltergeists surviennent hors du domicile de la personne qui les provoque. C'est pourtant ce qui s'est passé, en décembre 1960, en Écosse. Virginia Campbell, onze ans, transportait son "esprit" à l'école et lui faisait ouvrir son pupitre à un moment où elle se trouvait elle-même dans l'impossibilité matérielle de le faire. Virginia faisait même voler la baguette de sa maîtresse loin du tableau. Elle s'excusait auprès de celle-ci : "Je vous assure, mademoiselle, ce n'est pas moi !"

Dans tous les cas, à de rarissimes exceptions près, ces phénomènes de PKSR paraissent donc liés à des jeunes gens en âges pubertaires. Est-ce le passage à l'âge adulte qui détermine l'arrivée de ces esprits frappeurs ? N'est-ce pas, plutôt, un phénomène lié à une certaine tension sexuelle ? Les réponses demandent à être nuancées.

Les fantômes de la Tour de Londres

Le spectre d'Anne Boleyn apparaît à une sentinelle
Les fantômes de la Tour de Londres


Personnage des légendes relatives aux manifestations possibles d'un individu après sa mort, la figure du revenant se rencontre dans toutes les traditions culturelles du monde.

Le folklore britannique a, quant à lui, si totalement intégré le fantôme que l'adjectif "hanté" vient naturellement à l'esprit dès que l'on parle d'un manoir ou d'un château britannique. Bien sûr, la plus célèbre des forteresses britanniques, la Tour de Londres, a, elle aussi, son lot d'apparitions célèbres.

Une sentinelle au tribunal

Décapitée sous l'accusation d'adultère par un bourreau venu spécialement de France, le 19 mai 1536, Anne Boleyn, exécutée mille jours après avoir épousé Henri VIII, est la deuxième des six épouses et la première des victimes du roi qui inspira la sinistre légende de Barbe-Bleue. Après l'exécution, sa dépouille est enterrée à la hâte dans la chapelle Saint-Pierre, à la Tour de Londres, où elle est restée prisonnière. Dès lors, et pendant des siècles - la dernière apparition remonterait à 1933 -, son spectre apparaît à intervalles réguliers, parfois conduisant une processions dans la chapelle Saint-Pierre ou, seule, dans d'autres endroits de la vieille forteresse. Une des plus impressionnantes manifestations du fantôme se produit toutefois dans l'hiver 1864. Une nuit, une sentinelle est retrouvée inconsciente. Accusé de s'être endormi à son poste, l'homme comparaît devant un tribunal militaire. Il raconte que, vers l'aube, il a vu sortir du brouillard une silhouette blanche. Un bonnet la surmontait, sans tête en dessous, et elle se dirigeait vers lui. Après avoir fait les trois sommations d'usage, le soldat s'est approché de la forme; mais, lorsque la baïonnette de son fusil a traversé celle-ci, un éclair s'est propagé le long du canon et lui-même s'est retrouvé assommé par le choc.
Tout cela ressemblerait à une excuse bien trouvée, si deux autres soldats ainsi qu'un officier ne témoignaient, après la déposition de l'accusé, avoir eux aussi aperçu le spectre par une fenêtre. Lorsqu'il s'avère que la forme, dans les quatre cas, a été vue juste sous l'ouverture de la pièce dans laquelle Anne Boleyn avait passé sa dernière nuit avant son exécution, le tribunal choisit de relaxer la sentinelle.

Le cadavre d'un chat...

Le long passé de prison d'État de la Tour et la qualité de nombre de ses détenus et des victimes exécutées entre ses murs font du bâtiment (construit par Guillaume le Conquérant à la fin du XIe siècle) un véritable terrain de prédilection pour les fantômes.
De grandes dames du royaume, assassinées là, habiteraient ainsi le bâtiment, se promenant sur les remparts, longeant les corridors, traversant les murs. Margaret, comtesse de Salisbury, par exemple, exécutée en 1541 à l'âge de soixante-dix ans dans des conditions atroces - le bourreau dut s'y reprendre à trois fois pour la décapiter -, "revivrait" périodiquement ses derniers moments sous les yeux horrifiés des gardes, seuls humains vivants à fréquenter les lieux pendant la nuit.
Mais des hommes aussi hantent la Tour. Le plus ancien fantôme est celui de saint Thomas Becket, assassiné en pleine messe dans la cathédrale de Canterbury en 1170, et qui reviendrait quelquefois visiter la Tour dont il fut un temps gouverneur. Un autre spectre illustre est celui du grand explorateur sir Walter Raleigh, emprisonné par Jacques Ier pour complot de 1603 à 1616, relâché deux ans, puis de nouveau enfermé, et décapité.
Mais deux enfants, le jeune prince Edouard V et son frère le duc d'York, tués par leur oncle Richard III en 1483, se promèneraient aussi quelquefois dans les couloirs, vêtus de robes blanches et se tenant par la main.
Curieusement, le donjon de la forteresse, la Tour blanche, paraît n'avoir jamais été hanté par qui que ce soit. La tradition veut qu'au début de sa construction, au XIe siècle, il y ait été pratiqué un sacrifice animal destiné à éloigner les esprits malfaisants. Or, au cours de travaux effectués au XIXe siècle, des ouvriers ont découvert à l'intérieur d'un des murs maîtres le squelette d'un chat...

Quelles explications pour les fantômes ?

Pour les sceptiques, les apparitions n'ont de réalité que dans l'esprit de ceux qui les voient. Les parapsychologues modernes partagent ce point de vue pour bien des cas, mais soutiennent qu'une minorité de témoignages résistent à toute tentative d'explication rationnelle.
Les fantômes, selon eux, apparaissent "spontanément" ou leur manifestation est "provoquée" par un médium.
En quoi consistent-ils exactement ? Pour certains, le spectre est la manifestation de l'esprit d'un mort; pour d'autres, il est le produit de l'esprit du médium ou du témoin qui assiste à l'apparition.
La première explication postule l'existence d'une entité indépendante du corps (l'âme ?), capable de survivre au décès et de devenir plus ou moins visible à volonté. La seconde explication ne rejoint qu'en apparence celle des sceptiques; elle suppose en effet que ce que voient les témoins a une existence tangible au lieu de relever du seul fantasme psychique.

Châteaux royaux hantés de Grande-Bretagne

Innombrables sont les châteaux britanniques que l'on dit hantés. Les résidences royales n'échappent pas à cette règle.
Glamis Castle, en Ecosse. Cette demeure de la famille de l'actuelle reine mère voit ses couloirs hantés par le spectre d'une jeune femme exécutée au XVIe siècle, Janet Douglas. Mais d'étranges parties de cartes s'y déroulent aussi, entre des joueurs morts depuis le XVe siècle. Enfin, un fils contrefait de la famille, enfermé entre quatre murs de son vivant, hurlerait encore sa douleur, certaines nuits.
Hampton Court. Cette résidence,où vécurent Henri VIII et ses femmes, est hantée par les apparitions de celles-ci : Anne Boleyn elle-même; Catherine Howard, cinquième épouse du roi, décapitée pour adultère en 1542; et Jane Seymour, qui mourut en couches en donnant à son époux un fils. Mais d'autres spectres, ceux de la nourrice d'Edouard VI, la reine Elisabeth Ier et le roi Henri III, hanteraient aussi le château.
... Et Windsor. Les forêts de ce château, enfin, seraient parcourues par un cavalier fantôme : le spectre d'un jeune chasseur nommé Herne, un temps favori du roi du roi Richard II, et qui se suicida après sa digrâce. La dernière apparition du fantôme remonterait à 1976, année où le cavalier surgit de la nuit devant un jeune homme, qui en tomba évanoui de frayeur...