10 FEVRIER 1974 :
UN ETRANGE TRIANGLE…
Gendarmerie nationale, compagnie d’Angers, Maine-et-Loire. Brigade de Saint-Georges-sur-Loire, 10 février 1974.
Le 10 février 1974 à 16 heures, M. S…, demeurant au lieu-dit le Chilleau, commune de La Possonnière dans le Maine-et-Loire, se présente à nous et nous fait part de constatations suspectes qu’il a faites dans un pré lui appartenant, à proximité de son domicile. Dans ce pré n’ayant aucun accès, il a relevé d’importantes traces provenant d’un engin inconnu, qui n’a pu aborder ce lieu que par les airs. A toutes fins utiles, nous nous rendons sur les lieux.
Etat des lieux, constatations
Le pré en question est situé sur la rive droite de la Loire, entre la voie ferrée Angers-Nantes et le fleuve, à hauteur du lieu-dit le Chilleau, commune de La Possonnière.
Actuellement, la Loire est en crue et recouvre en partie les prairies la bordant, ne laissant subsister qu’une bande de terre de 40 mètres de large environ. Les clôtures de ses pâtures constituées de deux rangées de fil de fer barbelé, sont à moitié immergées. Elles rendent l’accès impossible à toute embarcation. La clôture nord est en bordure du remblai de la voie ferrée. Ce remblai mesure 3 mètres de hauteur. Actuellement, il n’existe donc aucun chemin d’accès. Ce près est limité à l’est par un bois et à l’ouest par une hait vive qui le sépare d’un autre pré. A cette hauteur, il existe un tunnel dans le remblai de la voie ferré pour l’écoulement des eaux, il permet le passage d’un homme. A proximité du remblai, et à 40 mètres à l’est du tunnel, des traces importantes se remarquent, orientées dans différentes directions. L’herbe est écrasée et laisse apparaître la terre.ces traces mesurent 10 centimètres de large. Elles sont jumelées et parallèles avec un espacement de 30 centimètres. Les plus importantes ont 4.20 mètres de longueurs. Deux autres traces, identiques, mais plus courtes, suivent d’autres directions. Le tout dessinant une figure se rapprochant du triangle d’un côté moyen de 5.50 mètres. Par ailleurs, il semble que d’autres traces du même genre existent aux abords des traces B et C.
Elles sont peu prononcées et leur relevé est impossible. Elles donnent l’impression de manœuvres, de braquage et de contre braquage de roues. Entre ces traces, nous remarquons que le sol est foulé, mais il ne laisse apparaître aucune empreinte de pas. Le long de la clôture, à un endroit désherbé, le sol est fraîchement gratté sur 15 cm. Ces traces proviennent d’un appareil quelconque, se déplaçant dans les airs et à décollage vertical. Dans les lieux environnants, nous ne découvrons aucune trace semblable. Ce pré est cadastré sous le numéro 267, section E, commune de La Possonnière, Maine-et-Loire.
Mesures prises
Nous effectuons un croquis de l’état des lieux.
Des photographies sont prises.
Nous effectuons des prélèvements de terre.
Le 11 février à 9 heures, par message radio, nous rendons compte de nos constatations à notre commandant de compagnie.
Enquête
Le 11 février 1974, au domicile du témoin, nous entendons M. S… Louis, soixante-dix ans, retraité demeurant commune de La Possonnière, qui nous déclare à 11h05 :
Samedi 9 février 1974, vers 17h30, je me trouvais dans mon pré situé en contrebas de la voie ferrée Angers-Nantes, en bordure du bras de la Loire, La Guillemette. En compagnie de mon épouse nous ramassions des pissenlits. J’ai remarqué sur le sol des traces insolites. L’une des traces mesure environ 3.50 mètres de long et 10 centimètres de large. Ces traces sont parallèles, elles sont séparés par un intervalle de 0.30 mètre. Plusieurs autres traces sont visibles sur le sol. Elles forment un triangle. L’herbe est foulée, le sol a été piétiné. Ce pré est entouré de clôtures, composées de piquets et de fil de fer barbelé. Or je n’ai constaté aucune rupture dans la clôture. En supposant qu’un engin venant de la Loire aurait roulé dans le pré, les traces partiraient de la rive pour se diriger vers le chemin de fer, ce qui n’est pas le cas. D’autre part, aucun véhicule terrestre ne peut accéder à mon pré en raison de la crue. En supposant, toute fois, qu’un véhicule aurait pénétré dans le pré, on devrait voir des traces conduisant au lieu de piétinement. Le 7 février, je suis allé dans le pré ; il n’y avait aucune trace. Je suis formel à ce sujet. Ces traces n’ont pu être faites que la nuit du 8 au 9 février 1974.
Conclusion :
On ne Loire. En supposant qu’on aurait affaire à un engin terrestre, ma clôture aurait été cassée pour livrer le passage à cet engin. A mon avis, ce ne peut être qu’un engin volant qui s’est posé, comme le prouve les traces de ripage et de pesée sur la terre. Au cours de la nuit du 8 au 9 février 1974, je n’ai rien entendu ni vu d’anormal. Je me suis renseigné auprès des voisins, comme moi, ils n’ont rien vu, rien entendu. Aucun renseignement n’a pu être recueilli sur la provenance de ces traces.
Samedi 9 février 1974, deux pêcheurs se trouvaient en barque en face de mon pré depuis l’aube. Ils m’ont déclaré eux aussi n’avoir rien remarqué d’anormal depuis leur arrivée. Je ne peux m’expliquer la provenance de ces traces.
Le 11 février 1974 à 11h40, lecture faite, persiste et signe.
Nous contactons M. … chef de district SNCF à La Possonnière afin de savoir si des travaux avaient été fait dernièrement dans ce secteur, il nous est répondu négativement, aucun travail et la présence d’aucun appareil de levage sur la voie ferrée pour le secteur. Nous ne découvrons aucun témoignage pouvant se rapporter à cette affaire.
Clôture du procès-verbal le 16 février 1974.
Université de Nantes
Institut de sciences de la nature
Département des sciences de la terre
Analyse
Le 2 mai 1974, lettre adressée à M. le préfet du Maine-et-Loire, première direction, deuxième bureau, par le professeur Forestier.
Objet : traces relevées par la gendarmerie de Saint-Georges-sur-Loire.
Monsieur le directeur, ainsi que je vous le faisais connaître par ma lettre précédent, j’ai l’honneur de vous informer que j’ai bien reçu en leur temps cinq échantillons de terre aux fins d’analyse qui m’ont été apportés par un représentant de la brigade de gendarmerie de Saint-Georges-sur-Loire, aux ordres du sous-lieutenant Herbeteau, adjoint au commandant de la compagnie de gendarmes d’Angers. Ces échantillons ont été analysés par Mme Naulet, chimiste du laboratoire de pétrographie et minéralogie de l’université de Nantes.
Je vous adresse ci-joint copie des fiches d’analyse qui appelle les commentaires suivants :
1. Seuls les prélèvements 1, 2, 4 et 4 bis sont comparables de terre arable prélevée superficiellement. Aucune anomalie significative n’a pu être décelée entre ces quatre résultats qui ne différent entre eux que dans les limites compatibles avec les imprécisions de la technique analytique.
2. Le prélèvement n°3, dont la composition chimique s’écarte notablement des autres, correspond effectivement à un échantillon de nature pétrographique différente. Mais là non plus aucune anomalie ne peut être constatée, fautes d’échantillon de référence. Il s’agissait de graviers et cailloutis et non de terre végétale comme dans les cas précédents.
3. Une remarque peut être cependant présentée : c’est que si un dépôts superficiel avait pu être laissé à proximité des traces énigmatiques, il aurait fallu pour le déceler ne prélever qu’une couche de terre d’épaisseur centimétrique de façon à limiter l’effet de dilution provoqué par la trop grande quantité de prélèvement qui nous a été confiée pour l’analyse. Souhaitant avoir ainsi répondu à votre attente, et restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, Monsieur le préfet, l’assurance de mes sentiments distingués.
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