9 MARS 1974
UN OVNI PARFAITEMENT IDENTIFIE !
Procès-verbal d’enquête préliminaire, compagnie de Pamiers, brigade de Varilhes, 11 avril 1974.
Le dimanche 10 mars 1974, à midi, au bureau de notre brigade, entendons P…, directeur d’une coopérative laitière, qui nous déclare :
Le 9 mars 1974 vers 19h45, ma femme est sortie sur le balcon pour fermer les volets. Elle a remarqué des lueurs étranges, se situant à l’ouest de notre domicile. Elle m’a appelé aussitôt et j’ai constaté derrière un rideau d’arbres, une ou plusieurs lueurs, de couleurs orange plus ou moins vives pouvant se comparer à un foyer de braises. Ces lueurs se déplaçaient sur un plan horizontal, s’arrêtant, repartant, avec un éclat plus ou moins vif. Leur vitesse était relativement modérée, approximativement celle d’un avion à réaction, à une distance de 4 ou 5 kilomètres du point d’observation. Etant gêné par les arbres, je me suis rendu immédiatement à la jonction de la Nationale 20 et de la route départementale 12, accompagné de mon fils âgé de douze ans. Ayant pris mes jumelles, grossissement 7/50, je pensais observer ce phénomène de mon second point d’observation. Mais plus rien ne se manifestait de semblable. Par contre, à ma grande surprise, toujours à l’ouest, et à 30 degrés par rapport à l’horizon, j’ai découvert comme un piqué dans le ciel et à l’œil nu trois points lumineux et immobiles et dont la grosseur était évaluée de huit à dix fois celle d’une étoile ordinaire et sans éclat. Ces lueurs étaient blanches. Mon fils a fait les mêmes observations et a pris des photos avec un appareil très simple de marque Kodac à K7. J’ai observé immédiatement à la jumelle ces trois points lumineux que j’évalue à une distance 1.500 km à 2 km et à 1 km à 1.500 km d’altitude. J’ai constaté que ces trois points lumineux faisaient partie d’une masse pouvant se décrire comme l’apparence d’une tour de contrôle d’un aéroport moderne et de grand trafic, qui semblait faiblement éclairée à l’intérieur. Je voyais cette forme très distinctement. Il était 19h55 à 20 heures environs. J’évalue la longueur de l’objet entre 50 et 100 mètres et la hauteur de 15 à 20 mètres. J’ai pu l’observer pendant environ un quart d’heure et j’ai constaté que cette masse semblait immobile comme s’il s’agissait d’un poste d’observation. Voyant que ce phénomène persistait, j’ai cherché à me rapprocher. J’ai repris ma voiture et je suis parti en direction de Pamiers. En empruntant la Nationale 20 à l’entrée de Joucla, j’ai pris une petite route, sur a gauche, pour gagner la campagne vers la colline. Ne connaissant pas la route, je me suis retrouvé à Rieux-de-Pelleport. Tout en cherchant ma route, je regardais dans le ciel sans pouvoir repérer ce que j’avais vu. Entre Rieux-de-Pelleport et Varilhes, à proximité du « S » de cette route, je me suis arrêté pour mieux observer une lueur orange semblant se déplacer par saccades du nord vers l’est. Ce phénomène était à ce moment-là dans la direction opposée à mes premières observations. Je suis revenu par Varilhes au carrefour de la Nationale 20 et de la départementale 12 pour continuer mes observations. Les trois points lumineux avaient disparu. A l’appui de ma déclaration, je suis en mesure de fournir un dessin du phénomène constaté, date et heure de l’observation : 19h45 puis 19h55 à 20h10.
- Pourquoi étiez-vous dehors ?
- C’est ma femme qui m’a appelé pour observer ces lueurs, puis je me suis ensuite transporté dans un lieu permettant une bonne observation.
- Quelles impressions avez-vous ressenti avant, pendant et après ?
- Aucune avant et après et un effet de surprise pendant.
- L’objet avait-il une forme précise ? cette forme s’est-elle modifiée ?
- Cette forme ressemblait à un habitacle de tour de contrôle mais il n’y a pas eu de modification de forme.
- Avez-vous vu des détails matériels ?
- L’objet semblait être pourvu d’un éclairage tamisé à l’intérieur. Je n’ai pas vu d’occupants.
- Avez-vous entendu un bruit particulier ?
- Non, il n’y avait aucun bruit de perceptible.
- Avez-vous ressenti une impression thermique ?
- Non, absolument rien.
- Quelles étaient les conditions d’apparition et de disparition ?
- L’objet était présent au moment où j’ai pu l’observer mais je n’ai pas assisté à sa disparition.
- Etat du ciel au moment de l’observation et position de la lune ?
- La nuit était claire, le ciel étoilé, la lune était opposée au lieu de l’observation et à 40 degrés par rapport à l’horizon, c’était la pleine lune.
- Donnez-moi la localisation précise du phénomène ?
- Ce phénomène se situait à l’ouest, nord-ouest par rapport au carrefour de la Nationale 20 et de la départementale 12.
- Quel était l’état atmosphérique au moment de l’observation ?
- Les conditions d’observation étaient parfaites. La nuit était claire et la visibilité bonne. La température au sol était de 8° à 10° C au-dessus de zéro.
- Votre chien a-t-il marqué des signes de nervosité ou de peur ?
- Mon chien n’a pas paru agité.
Lecture fait, persiste et signe.
A la suite de cette déclaration, nous nous sommes transportés sur les collines de la commune de Saint-Bauzeil, endroit où M. P… aurait vu des lueurs jaune et orange. Malgré nos recherches, nous ne découvrons aucune trace au sol. Les habitants des fermes voisines n’ont rien vu ni entendu, les bêtes n’ont marqué aucun signe d’énervement ou de peur.
Le dimanche 10 mars 1974 à 20h30, M. P… nous signale qu’il observe le même phénomène que la veille au-dessus de la commune de saint-Bauzeil et que son point d’observation se situe au carrefour de la Nationale 20 et de la départementale 12. Nous nous rendons aussitôt sur les lieux après avoir avisé notre commandant de compagnie. Après dix minutes d’attente, le phénomène s’est produit en notre présence. Observant à la jumelle, nous constatons qu’il s’agit d’un véhicule se déplaçant sur la crête de la montagne. Lorsque le véhicule nous fait face, il émet une lueur jaune, puis lorsqu’il change de direction, une lueur orange apparaît, s’allongeant ou se rétrécissant selon que le véhicule, suivant la route sinueuse se présente au point d’observation.
Nous nous transportons à hauteur de la ferme Ancros où le véhicule semblait circuler en informant M. P… que dès notre arrivée nous mettrons notre projecteur tous azimuts en action. L’essai que nous faisons est concluant.
Poursuivant notre enquête, nous apprenons que le propriétaire de la ferme Ancros fait brûler presque tous les soirs dans un fût de 200 litres les sciures et déchets de bois provenant de la confection de piquets de vignes. Ces sciures se consument lentement et selon l’appel d’air, des flammes se dégagent par intermittence. Par ailleurs, le soir du 9 mars 1974, une fête de famille avait lieu à la ferme Platine, située au-dessus de celle d’Ancros et dans le même alignement du point d’observation de M. P… ; un certain nombre de véhicules ont circulé sur cette route. Nous nous sommes placés au premier point d’observation, c’est-à-dire le balcon du domicile de M. P…. Nous constatons que le rideau d’arbres masque la colline jusqu’au-dessus de son sommet. Au deuxième point d’observation, des arbres existent aussi, mais sont placés plus loin ce qui, par effet d’optique, de nuit, fait paraître les lueurs plus hautes qu’elles ne sont en réalité. M. P… observe assez fréquemment des OVNI. Le dernier en date remonte au 19 avril 1974 vers 19h15. Il s’agissait d’un ballon sonde éclairé par le soleil couchant. Quant à ceux observés le 9 mars, les trois points lumineux pourraient être l’éclairage extérieur des fermes ou des véhicules en stationnement ayant gardé leurs veilleuses allumées.
Remarque. – les gendarmes ont effectué une remarquable enquête. Elle permet de tirer plusieurs conclusions. D’abord, ce témoin semble « voir » très régulièrement des OVNI qui, nous moins régulièrement, sont parfaitement identifiés par les gendarmes. Ce témoin a probablement un profond désir d’observer un OVNI pour des raisons psychologiques qui échappent aux enquêteurs. Néanmoins, malgré une obstination qui n’a d’égale que la patience des gendarmes, ce témoin confond des phénomènes lumineux parfaitement explicables avec des OVNI. Les passionnés de la thèse psychologique (tout se passe dans la tête des témoins) ont avec ce cas, un dossier rare mais intéressant. Il prouve à l’évidence qu’un témoin « prédisposé » ne voit que ce qui existe. Seule l’interprétation est d’ordre psychologique, pas la vision elle-même qui est réelle. Des dizaines de milliers de cas dans le monde sont inexplicables, en raison notamment d’un très fort indice d’étrangeté. Ce n’est pas le cas de ce témoignage qui, de toute façon, aurait été jugé sans intérêt par n’importe quel enquêteur.
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