DIVINATION PAR LE THE
Depuis à peu près cinq mille ans, on boit du thé et, probablement depuis aussi longtemps, on lit les feuilles de thé. Cet art divinatoire est né dans la Chine ancienne et s’st répandu en Europe après que les marchands anglais et hollandais ont fait connaître cette boisson aux Occidentaux. Au milieu du XVIIe siècle, le thé était surtout réservé à l’aristocratie, mais grâce à l’essor du sommerce avec l’Extrême-Orient, ce breuvage exotique fut rapidement à la portée de toutes les bourses. Les couches les plus pauvres de la population qui avaient manqué de s’ébouillanter pendant des siècles avec des pratiques divinatoires complètement dépassées, comme la molybdomancie (lire le futur dans du plomb fondu plongé dans l’eau) et la céromancie (de même avec de la cire de chandelle) adoptèrent la lecture des restes de liquides, allant du vin au café. Le thé devint la boisson divinatoire par excellence (pourquoi gaspiller du bon vin ?). Vers le milieu du XIXe siècle, les devins gitans qui faisaient du porte-à-porte pour lire les feuilles étaient une véritable institution. D’après un « voyant des Highlands » anonyme, auteur de ce qui est probablement le livre le plus ancien en anglais sur cette pratique divinatoire, des générations de veuves écossaises spae (de l’ancien scandinave spa, signifiant prophétie) utilisèrent lur talent et leur intuition pour lire l’avenir dans leur thé quotidien.
La tradition a établi un canon largement accepté de symbole et de leurs significations, mais lire les feuilles de thé est un des arts divinatoires qui exige le plus d’imagination et d’intuition. Découvrir des figures au fond d’une tasse, c’est un peu comme deviner des personnages ou des animaux dans les formes des nuages. Il existerait d’ailleurs, selon certaines traductions occultes, une corrélation entre la tasse et le dôme céleste des cieux, et entre les feuilles et les étoiles. Certains fabricants imprimèrent directement les signes du zodiaque dans la tasse pour faciliter ce genre de lecture. C’est en réalité une complication inutile, car l’interprétation des feuilles de thé est juste une variante de la géomancie, la lecture de marques et de figures disposées apparemment au hasard sur le sol ou encore de l’encre sur le papier. Cette technique est parmi les plus accessibles : vous avez juste besoin d’une tasse, d’un peu de thé et d’un devin à l’humeur tranquille et réceptive.
PREPARATION
Il faut utiliser du thé en vrac car les queues et les feuilles de tailles variables offrent une gamme plus grande de formes à interpréter que le contenu d’un sachet de thé. Utilisez environ une pincée ou une demi-cuillère à café de feuilles. S’il y en a trop, elles d’agglutinent ; s’il y en a trop peu, elles glissent sur les parois de la tasse. Evitez le lait et le sucre qui rendent les feuilles gluantes et illisibles.
La tasse doit être bien ronde, en forme de bol, mais doit comporter absolument une anse car celle-ci sert de point de référence pour la lecture. Les grandes tasses hautes de type mug ne conviennent pas, car les feuilles ne peuvent pas coller aux parois trop perpendiculaires. Evitez les tasses décorées à l’intérieur, car leurs motifs viendront interférer avec ceux des feuilles pendant la lecture.
Chaque pratiquant orchestre la lecture rituelle un peu différemment, mais la procédure type est la suivante : on demande au questionneur de remuer le thé sec, une tradition qui rappelle celle de battre les cartes, puis on en verse une petite quantité dans une théière déjà chaude (deux cuillières à café pleines) ou dans une tasse chinoise préchauffée (une demi-cuillière à café). On ajoute l’eau bouillante et le questionneur se concentre sur le futur en général ou sur le problème qui le préoccupe tout en remuant le breuvage. Si on a utilisé une théière, le questionneur tourne le thé après qu’il a trempé et le verse ensuite dans la tasse. Le devin peut rajouter quelques feuilles s’il n’y en a pas assez. Quand le thé a refroidi, le questionneur boit le thé à petites gorgées, en se concentrant à nouveau sur son problème, jusquà ce qu’il reste à peu près l’équivalent d’une cuillière à soupe de liquide au fond de la tasse. Le contact avec la tasse est essentiel car il garantit qui l’interprétation sera à la fois pénétrante et personnelle. La divination par le thé, comme le tarot ou d’autres systèmes inductifs de divination, peut sembler reposer sur le seul hasard (l’éparpillement des feuilles, la coupe dans un jeu de cartes, etc.) mais elle est fondée en réalité sur le refus du hasard : le contact avec la tasse est supposé influencer les motifs créés par les feuilles. Si le questionneur déteste le thé, il peut toujours vider la tasse au lieu de le boire. Je ne conseille pas cette méthode mais, dans un tel cas de figure, le questionneur doit tenir la tasse dans ses mains pendant assez longtemps avant que le devin procède à la lecture. Finalement, le demandeur remue le thé dans la tasse trois fois pour distribuer les feuilles, puis, dans le même mouvement, renverse la tasse sur une soucoupe. Après que le liquide s’est écoulé, il doit retourner la tasse vers le haut. Le devin examinera les feuilles restant dans la tasse, mais aussi celles qui se sont déposées dans la soucoupe, afin que l’interprétation soit complète.
LA LECTURE DES FEUILLES
La procédure pour interpréter les feuilles peut elle aussi varier selon le tempérament du devin, mais on peut dégager les quelques grandes lignes d’une lecture traditionnelle.
Il y a des lectures chronologiques et non chronologiques (dela dépend si la question posée contient un élément temporel ou pas), mais, dans les deux cas, on commence par examiner la tasse elle-même qui représente le questionneur ici et maintenant. Les lectures chronologiques retracent le temps en commençant à droite de l’anse et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Un tour complet correspond généralement à une année, mais la tasse peut désigner une période plus longue ou plus courte : ce qui est important c’est que le questionneur et le devin se mettent d’accord sur la période à considérer avant de commencer la lecture. Les feuilles proches du bord de la tasse symbolisent les évènements qui auront lieu au début du mois. Les figures au fond de la tasse et toutes les formes laissées sur la soucoupe influencent l’avenir ou la question considérée dans son ensemble.
Dans une lecture non chronologique, qui convient mieux aux problèmes d’amour et d’argent, l’interprétation dépend de la position des feuilles dans la tasse. Une même figure aura une signification positive si elle est près du bord de la tasse, négative si elle est près du fond. Par exemple, des feuilles formant une sorte de chapeau annoncent de nouvelles opportunités, mais situées en haut de la tasse, elles conduiront au succès alors que, au fond, elles mèneront le questionneur dans de nouveaux territoires dangereux. Des feuilles dans le côté opposé de l’anse indiquent l’influence d’étrangers.
Une fois que les feuilles de thé sont déposées, le devin examine la tasse sous différents angles. Prenez votre temps, ce n’est pas le moment de se presser. Les figures ne se révèlent pas toujours clairement au premier coup d’oeil : s’agit-il d’une araignée (symbole de la bonne fortune) ou d’une couronne mortuaire (symbole de la tristesse) ? Un bon devin doit être réceptif et inventif. Cela signifie simplement que rien d’important n’arrivera dans le laps de temps fixé pour la lecture.
Plus les symboles sont clairs, plus fortes et significatives sont les implications. Des figures proches (à moins d’1 cm de distance) sont liées et doivent être interprétées ensemble. Des feuilles éparpillées dans la tasse sont le signe d’une personnalité plus diffuse, alors que, agglutinées, elles suggèrent intensité et conflit. Quelques feuilles déposées dans la tasse dénotent un esprit clair et un goût de l’action directe, alors que de nombreuses feuilles dispersées suggèrent confusion et extravagance. Quelques figures ont des significations spéciales, mais pour beaucoup d’entre elles, il faut simplement se fier à leur apparence : un coeur situé près d’un avion peut indiquer que le questionneur ira là où il désire aller depuis longtemps. Voici les signification des formations et symboles les plus courants ;
Trois petites feuilles près d’une feuilles : un homme
Deux feuilles près d’une petite feuille : une femme
De petites feuilles disposées en triangle : un ou des enfant(s)
Une chaîne de feuilles : un voyage. Plus la chaîne est sinueuse, plus le voyage est compliqué.
Initiales ou lettres : initiales de proches ou de simples relations.
Nombres : à interpréter littéralement comme le nombre représenté.
Lignes droites : tranquilité, organisation.
Lignes ondulées : incertitude, aggravation.
Points : de petites taches rassemblées sont le symbole de l’argent.
AUTRES FIGURES
Arbre : famille
Avion : voyage
Bouteille : excès, flirt
Carré : solidité, protection, besoin de protection
Cercle : mariage, partenariat/association, union
Chapeau : opportunité
Chat : traitrise, déception
Chaussure : effort accru
Chien : fidèlité, dévouement
Ciseaux : dispute, mots de colère
Clown : bonheur, faire semblant d’être heureux
Coeur : amour, affection
Croix : carrefour, sacrifice personnel
Croix dans un cercle : emprisonnement
Ecureuil : économies
Enveloppe ou lettre : nouvelles
Etoile : succès, génie, illumination
Fenêtre : vision, capacités psychiques
Fer à cheval : chance
Fleurs : joie simple
Forêt : pensées confuses
Fruit : bonne fortune, enfants
Instrument de musique : bonne compagnie
Lampe : conseils
Lapin : insouciance
Lit : paix
Lune : augmentation ou diminution
Marteau : travail difficile
Oiseau : chance ; sur une branche, l’oiseau indique un voyage
Papillon : société, sociabilité, changement
Parapluie : protection
Pistolet : conflit, danger
Poêle : accusation, ennuis
Poignard : perte, danger, hostilité[/i
Poisson : [i]gain, en général matériel, parfois spirituel
Porte : possibilité
Ruche : invitation, activité
Serpent : traîtrise (enroulé), sagesse (déroulé)
Tasse : critique
Triangle : engagement affectif – jalousie si la pointe est en bas, ambition si elle est en haut ; chance.
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